Des films des années 50 / 60 avec pour décors sauvages l'Australie et ses autochtones, aux films récents produits par des natifs, le cinéma recèle quelques films intéressants pour comprendre ou illustrer la façon dont ce peuple est perçu mais aussi pour raconter et illustrer leur mode de vie et leur histoire, beaucoup sont accessibles aujourd'hui sur Internet, faites vous plaisir :
2023 - Par Warwick Thornton, avec Cate Blanchett (également productrice) : 1940, un jeune Aborigène du désert se retrouve dans un petit orphelinat géré par soeur Eileen, sans comprendre la langue il découvre une nouvelle culture.
Sa présence va rapidement bouleverser ce petit monde rythmé par la religion. Magnifiquement filmé, dans des décors superbes, servi par des acteurs talentueux ce très beau film fait appel visuellement à du surnaturel
pour dépeindre la culture immémorielle du petit face à cette religion qui lui est proposée comme nouvelle culture, on hésite entre rêve et réalité de manière très subtile. A voir.
2022 - Par Jub Clerc, Steve Rodgers, avec Shantae Barnes-Cowan : une jeune Aborigène avec des problèmes familiaux se voit inscrite à un safari photos dans les Pilbara.
Le film nous entraine avec ce groupe d'adolescents dans des paysages magnifiques, où la photo est finalement censée les aider à produire des images pour écrire leur propre histoire.
Mais les relations entre ados à l'aube de l'âge adulte sont difficiles et le voyage ne sera pas de tout repos. Une belle histoire, des acteurs attachants dans un cadre splendide, le tout accompagné de belles musiques. Sympa.
2021 - Par Molly Reynolds : Peu de temps avant sa mort (novembre 2021), le célèbre acteur Aborigène David Gulpilil a tenu à tourner un dernier film : Gulpilil raconté par Gulpilil.
Film documentaire touchant pendant lequel nous le suivons dans son combat contre le cancer pendant qu'il revient sur sa vie, sa carrière d'acteur et ses excès.
Arraché du bush tout jeune garçon, il va devenir la 1ère icône Aborigène sur grand écran. Partagé entre les traditions de son peuple et les excès Holywoodiens,
l'acteur et danseur aux multiples talents nous raconte le voyage extraordinaire qu'a été sa vie.
2020 - Par Stephen Maxwell Johnson : En 1919 en terre d'Arhneim, un ancien soldat devenu policier reccueille un jeune Aborigène après avoir participé au massacre de sa famille, lequel sera étouffé par sa hiérarchie.
12 ans plus tard le jeune Gutjuk doit l'aider à retrouver son propre oncle, qu'il croyait mort, devenu hors la loi. Lorsque la vérité éclate les 2 camps épris de justice vont devoir s'affronter dans les maginifiques paysages du Kakadu National Park.
A noter que Witiyana Marika est à la fois co-producteur et acteur (le grand père de Gutjuk), ce co-fondateur du groupe Yothu Yindi est à l'origine du projet de ce film.
2020 - Par Roderick MacKay : Au 19 siècle l'empire britanique n'a pas déporté que bagnards en Australie, mais également de nombreuses ethnies issues de leurs autres colonies
comme des asiatiques, des hindous et des afghans. Ces derniers étaient utilisés avec leurs chameaux, introduits, pour mener des caravanes dans l'outback.
Le film raconte l'histoire d'un jeune chamelier afghan, cotoyant des Aborigènes au quotidien, qui va secourir un vieux voleur d'or blessé et se retrouvé mêlé à sa fuite,
en quête d'espoir et de richesse.
Second film de Baykali Ganambarr, danseur au sein du groupe Djuki Mala.
2018 - Par Jennifer Kent (Mister Babadook) : L'histoire terrible d'une jeune irlandaise déportée en Tasmanie au début de la colonisation de cette île. Victime des tourments d'un officier (sévices, meurtre de son mari et de son enfant),
elle s'engage dans une poursuite vengeresse à travers les forêts tasmaniennes aux côté d'un guide Aborigène, le périple va mêler leur destin plein de violence à celui de l'extermination des derniers indigènes de Tasmanie.
Beaucoup d'images difficiles mais une fresque très réaliste de cette sombre époque, servie par de jeunes acteurs talentueux.
Baykali Ganambarr, (le guide Aborigène) a reçu un prix pour cette interprétation, il est danseur au sein du groupe Djuki Mala.
2017 - Par Warwick Thornton : Ambiance western pour ce film traitant des conditions des Aborigènes utilisés comme main d'oeuvre par les colons au début du 20e siècle.
De bons acteurs, une magnifique photographie, mais parfois perturbant par l'utilisation de l'équivalent de "flash back" mais en avant...
L'histoire traite du meurtre d'un colon violent par un Aborigène en légitime défense.
2016 - Suite de Mistery Road, on retrouve Jay le détective, à la recherche d'une jeune chinoise portée disparue. L'enquête le mène dans une petite ville perdue
où se mêlent corruption, exploitation minière des terres Aborigènes et prostitution, avec un jeune flic local cherchant équilibre entre probité et tentations.
Un très bon film, des acteurs convaincants et surtout une "atmosphère". A noter la présence de David Gulpilil.
De Stephen Page en 2015. Utilisant le geste et la danse et avec un minimum de dialogues, ce film suit un jeune Aborigène de la Terre d'Arnheim jusqu'aux rues de Sydney dans sa quête de compréhension
de ce que signifie qu'être un homme avec d'anciennes traditions dans un monde moderne. Le film est une succession de superbes "tableaux" chorégraphiques illustrant tous les problèmes auxquels sont confrontés les Aborigènes aujourd'hui (incompréhension, ségrégation, alcool, violence, suicide,...),
magistralement portés par les danseurs du Theâtre de Danse Bangarra.
Un chef d'oeuvre de sensibilité et d'émotion par Rolf De Heer qui signe ici un portrait homage émouvant de l'acteur David Gulpilil incarnant ici pratiquement son propre rôle. On y retrouve tous les aspects des problèmes actuels des Aborigènes : leurs relations compliquées avec les biens (argent, logement), l'alcool, l'administration, la police, les graves pb. de santé dont ils sont victimes et le déracinement culturel insuportable du fait d'être devenus étrangers dans leur propre pays.
David Gulpilil a reçu pour ce rôle le prix d'interprétation "Un certain regard" au Festival de Cannes 2014.
Un bon thriller policier de 2013 dont l'esthétique et l'histoire font penser à La Isla Minima (2015).
Plongée au coeur d'une petite ville perdue où corruption et trafics provoquent le meurtre d'une jeune fille Aborigène sur lequel enquête
un natif devenu lui-même policier, partagé entre ses racines et sa hiérarchie il va peu à peu découvrir la face cachée de la population, du très bon cinéma et des acteurs convainquants.
En 2019 / 2020 le film a donné naissance à une série très populaire du même nom.
Joli film de Catriona McKenzie de 2012, racontant l'histoire d'un gamin qui fugue avec un copain quand il apprend que son grand père va être exproprié par une compagnie minière, il veut trouver le siège de cette compagnie pour protester, ils vont se perdre et ce sont les savoirs faire ancestraux que son grand père lui a transmis (et qui ne l'intéressaient pas du tout) qui vont leur permettre de survivre et qui vont lui faire comprendre l'importance de sa culture comparée aux "lumières de la ville" qui l'attiraient avant.
2012 - Australie, 1968, trois sœurs aborigènes passionnées de chant rencontrent un musicien irlandais avec qui elles montent un groupe "The Saphires" et vont partir en tournée au Vietnam, alors en guerre, pour chanter devant les soldats américains.
Tiré d'une histoire vraie, ce film, servi par des acteurs remarquables, est tourné sur un ton frais et humoristique très agréable autour du caractère bien marqué des personnages.
A noter l'apparition à la fin des vraies protagonistes dont l'une d'elle est à l'origine du remarquable établissement d'enseignement pour jeunes filles Aborigènes le Worawa Aboriginal College
2011 - Ivan Sen nous offre une plongée dans la communauté de Toomelah (Nouvelle Galles du Sud) dans la peau d'un petit garçon de 10 ans livré à lui-même, délaissant l'école, avec des parents en proie à l'alcool et la drogue, une tante traumatisée de retour après 40 ans d'absence forcée (génération volée)... Il trouve à s'occuper auprès d'un dealer local. Rapidement on se retrouve soi-même dans la spirale inévitable qui tourne autour de cet enfant attachant. Site officiel
Magnifique film de Warwick Thornton sorti en 2009, caméra d'or du meilleur 1er long métrage au 62e festival de Cannes. Ce film très dur (mais qui finit bien) met en scène 2 jeunes Aborigènes vivant dans une réserve, où désoeuvrés et sans repères les jeunes dérivent complètement. Ils fuient en volant une voiture et se retrouvent sans rien à Alice Spring, c'est la galère, la drogue... Acteurs remarquables et un film qui illustre la réalité de ces populations dont les communautés ont disparu et qui sont parkés en réserves et culturellement déracinés et perdus entre leur culture et la notre. Site officiel
Ou "10 canoës, 150 lances et 3 épouses" en Français, film de 2006 de Rolf de Heer et Peter Djigirr. Conte mythique mettant en scène plusieurs générations d'Aborigènes permettant de découvrir leur mythologie du temps du rêve, leur mode de vie, leurs coutumes et leur préocupations quotidiennes avec beaucoup d'humour, prix du jury "Un certain regard" au festival de Cannes 2006.
Film de 2002 de Ivan Sen. Blonde et blanche, pourtant de mère Aborigène, Lena s'enfuit de chez elle à la recherche de son père Irlandais dont elle ne connait que des photos, sur son chemin elle va rencontrer Vaugnh, Aborigène noir haissant tous les blancs, échappé de prison souhaitant revoir sa mère mourante. On partage leur chemin dans des paysages ruraux à perte de vue dont toute âme semble avoir disparue, leurs différences et leurs problèmes tour à tour les éloignent et les rapprochent. Road trip émouvant servi par 2 jeunes acteurs formidables.
Film de 2002 de Rolf de Heer avec le célèbre acteur Aborigène David Gulpilil. L'histoire se passe en 1922, un groupe de police montée poursuit le meurtrier d'une femme blanche dans l'outback, guidé par un indigène ayant le fameux talent de pisteur ou "tracker", au fil du périple les excès violents et racistes de l'officier vont mener au désastre.
A noter la bande originale du film réalisée par Archie Roach.
Ou "Le chemin de la liberté" en Français, film de 2002 de Phillip Noyce, superbe film qui raconte l'histoire vraie de 2 petites filles dans les années 30, qui comme tous les enfants métisses furent enlevées de force à leurs familles, placées en institution pour devenir bonnes à tout faire puis ensuite être mariées à des "blancs" dans le but "d'amalgamer génétiquement" définitivement les natifs : la génération volée. Elles vont s'enfuir et suivre la fameuse cloture traversant tout le pays pour limiter l'invasion des lapins (proliférants suite à leur introduction catastrophique) et ainsi retrouver leur famille. Ce périple de près de 2500 km est véridique, les vraies protagonistes apparaissent au générique de fin.
2001 - Le film raconte l'histoire de 3 amis adolescents de la communauté de à Yirrkala en Terres d'Arnhem, qui suite à de grosses bétises leur vallant des poursuites, s'engagent
dans un voyage à pied jusqu'à Darwin pour retrouver un ancien. Ce voyage va les plonger dans la nécessité de puiser pour survivre dans tous les savoirs traditionnels leur ayant été transmis,
alors qu'ils baignaient plutôt dans une culture moderne et ses travers. Le sujet est cette collision entre monde moderne et culture traditionnelle, difficile aux Aborigènes et plus encore aux adolescents.
Film de Werner Herzog présenté à Cannes en 1984. Dans le Nord de l'Australie une compagnie minière prospectant une zone désertique pour de l'uranium
se heurte à la culture des 2 peuples Aborigènes qui vivent ici et y entretiennent depuis des dizaines de milliers d'années le rêve de la fourmi verte, rendant cette terre sacrée. Le traitement du sujet
est fait de manière décalée, voire humoristique, et le rendu de l'écart de compréhension entre les 2 cultures particulièrement réussi.
Film de Nicolas Roeg de 1971. Film emblématique d'une certaine période du cinéma Australien, assez curieux avec une mise en scène assez "décousue" et teintée d'érotisme, il est néamoins intéressant par l'histoire qui fait se croiser deux jeunes enfants blancs perdus dans le désert avec un jeune Aborigène effectuant seul sa période d'initiation rituelle à l'adolescense (le Walkabout), qui va les sauver de la faim et de la soif. Un des tous premiers rôles de David Gulpilil.
Film de 1955 de Charle Chauvel, 1er film Australien en couleur et 1er film à mettre en premiers rôles des acteurs Aborigènes.
C'est l'histoire tragique d'une jeune native reccueillie à la mort de sa mère par un couple de colons, tiraillée entre ces 2 cultures toute son enfance elle est enlevée à sa majorité par un séduisant "sauvage", une poursuite épique s'organise dans des paysages grandioses du Territoire du Nord. Film nominé en 1955 au festival de Cannes.
Visible en VO sur Youtube en plusieurs parties.